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AINHOA INAUGURATION DE L'ÉGLISE APRÈS TRAVAUX Dimanche 27 janvier 2008 sous la présidence de Monseigneur Pierre Molères, évêque de Bayonne |
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La messe a commencé par le chant « Zu Eliza » qui rappelait, que par le baptême, L’évêque a béni l’eau et a aspergé les fidèles. Et la messe s’est achevée par le chant de l’angélus Une bien belle célébration d’inauguration,
Il y a deux sanctuaires à Ainhoa, Notre Dame d’Arantzazu ou Kapera (c’est probablement la plus ancienne, quant à son emplacement) et l’église paroissiale, Notre Dame de l’Assomption. Le 3 mai 2007 avec Laurent Mundutéguy, nous examinions en détail la belle charpente ancienne posée sur les murs romans de l’église paroissiale ... Cette sorte de charpente doit avoir son équivalent dans d’autres maisons du village, comme ce joli reste dans la maison Kantorenia ; il y en a ailleurs avec de nettes traces d’incendie (souvenir de guerre ?). Mais en ce qui concerne une église, cette charpente est (à ce jour) unique en Pays basque Nord au moins. Nous réalisions pleinement (cependant Laurent Mundutéguy s’en doutait depuis longtemps …) que beaucoup s’étaient laissé prendre au piège, croyant qu’un château couronnait la butte surmontant l’église : hé bien non ! La butte mérite bien son nom de Gaztelugain ; elle est bien au-dessus du château. Car c’est l’église qui était le « château ». Du coup, c’est un pan entier de l’histoire du village qui est à revoir. Voyons ce que l'on peut dire à propos de cette église. Elle a dû naître avec Karrika, la bastide conçue par Juan Perez de Baztan, vers le XIIe siècle (voir l’excellent livre d’Elso). La paroisse fut confiée aux moines Prémontrés d’Urdazubi qui étaient établis à San Salvador. D’entrée, l’église fut fortifiée. Ce fut une sorte de château dont on a conservé des meurtrières. Sa maçonnerie montre qu’elle doit dater des XI-XIIe siècles. L’édifice primitif avait l’importance de l’église actuelle. Il devait se fermer à l’ouest par un simple mur-fronton percé d’ouvertures pour des cloches et abriter un porche où se tenaient les maîtres de maison qui votaient, car c’était le temps où notre pays était autonome. L’étage devait être en bois et fermé par des planches, à la manière des jauregi comme dans le Baztan voisin : la Donamaria, ou le Jauregizahar dont on pense qu’ils pourraient dater, en partie au moins, du XIIIe siècle. Son plancher devait être au niveau de la seconde galerie. Au XVIIème siècle (suite aux ravages des armées espagnoles, vers 1636 ?), on a remanié cet édifice en augmentant sa capacité par deux rangées de galeries. La seconde galerie est datée de 1649. A ces époques les hargin (maçons-tailleurs de pierre) avaient délogé les zurgin (charpentiers), ils avaient pris la construction de ce pays en main (voyez leurs etxe, les stèles …) ; dans le village voisin de Sare, vers 1640, le célèbre Axular leur avait fait rehausser également l’église. On a donc surélevé les vieux murs latéraux (on voit extérieurement que la maçonnerie est peu soignée, elle devait être couverte de crépi) en supprimant l’étage en bois, on les a pourvus de fenêtres au sommet arrondi ; on a plaqué, contre la vieille bâtisse, la grande tour-clocher. D’importants vestiges de la construction ancienne furent conservés : 1) la charpente couvrant la voûte du chœur (où l’on n’avait pas besoin de galerie !) ; 2) des pièces de la charpente du toit (avec leurs marques d’assemblage !). C’est à ces époques que l’on a percé le mur sud pour y faire, à l’étage, la belle porte (avec bénitier) accompagnée d’une petite fenêtre, où aboutissait un escalier extérieur conduisant à la première galerie. Au rez-de-chaussée, une petite porte a pu être réservée aux cagots (les archives en parlent, un quartier leur était attribué, probablement à « San Mirau »). La sacristie date-t-elle de cette époque ? On peut attribuer à cette campagne de travaux le beau retable, l’un des plus fins du Labourd. Par la suite l’église fut altérée : elle a perdu sa chaire et la table sainte en fer forgé. Mais surtout on a supprimé les escaliers intérieurs qui donnaient accès à la première galerie (de chaque côté de la porte du fond) et on a retiré l’escalier latéral pour mettre ce lourd escalier sous le clocher. Laid et encombrant, il enlève tout recul pour voir le très beau portail d’entrée. A coup sûr, Non seulement l’extérieur, mais l’intérieur de l’église a été entièrement restauré sous la direction de M. Voinchet, architecte des Bâtiments de France. La commission d’Art sacré a également donné son avis, ainsi que les abbés Joachim Jaurégui, curé de la paroisse Saint Michel Garicoitz du Labourd et Roger Idiart, prêtre auxiliaire, desservants des 6 villages d’Ainhoa, Cambo, Espelette, Louhossoa, Itxassou, et Souraide, et bien entendu M. le maire d’Ainhoa, Philippe Aspirot et son bras droit, M. Laurent Mundutéguy, qui a suivi de très près les travaux de restauration : depuis la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État, les communes sont devenues propriétaires des églises situées sur leur territoire. L’église d’Ainhoa avait certes du cachet, mais comme beaucoup d’églises, elle avait besoin de faire peau neuve. Ce qui frappe au premier abord, c’est l’éclairage nettement amélioré. Les peintures du chœur ont été rafraichies, le parquet retouché, les statues du retable entourées d’un halo de lumière qui les met en valeur. Enfin, le plafond en caisson, particularité rare dans les églises basques, beaucoup mieux éclairé qu’auparavant. N’oublions pas la sacristie : beaucoup plus grande qu’on n’aurait cru, une fois débarrassée de ses meubles très encombrants, elle a été complètement rénovée. Paris ne s’est pas fait en un jour : il faudra penser dans les mois qui viennent, à renouveler le mobilier hétéroclite de l’église. Le 12 mai prochain (lundi de Pentecôte), la procession traditionnelle sortira à 9h du matin de la désormais très belle église du bourg d’Ainhoa. Elle se dirigera comme d’habitude vers la chapelle d’Ainhoa, située à 400m d’altitude sur les pentes du mont Atxulai. Cette chapelle est dédiée à Notre Dame de l’Aubépine, la bien nommée : en langue basque l’aubépine se dit ‘elorri’ ou encore ‘arantza’. Il est probable qu’il y a un lien entre le sanctuaire d’Arantzazu situé dans la province du Gipuzkoa, au dessus de l’université d’Oñate, célèbre lieu de pèlerinage depuis le XVème siècle, et l’humble chapelle d’Ainhoa dont nous n’avons plus d’archives depuis que la chapelle fut brûlée pendant la Révolution française, puis démolie sous Napoléon 1er. A cette époque, le frère de l’empereur surnommé Pepe la botella parce qu’il buvait sans modération, était le roi d’Espagne ! Or à Arantzazu, comme à Ainhoa, le ou les pélerinages ont commencé à partir de la même apparition de Notre Dame à un jeune berger au dessus d’un buisson d’aubépine ! Il est permis de supposer que les pèlerins du Pays basque nord et les Ainhoars en particulier n’ont pas pu franchir la frontière « franco-espagnole » (sauf évidemment les contrebandiers) alors qu’avant le XVIIIème siècle, de grandes foules de chez nous allaient faire leurs dévotions au sanctuaire d’Arantzazu. De là à penser que peut-être « on » aurait trouvé plus sage de créer une sorte de succursale (il y a bien des grottes de Lourdes dans plusieurs de nos églises basques, ne serait ce que pour permettre aux malades et handicapés de venir prier Notre Dame plus près de chez eux). Hélas ! En l’absence d’archive, tout ceci n’est qu’une hypothèse, mais l’essentiel n’est-il pas justement d’aller prier, soit à Ainhoa, soit à Arantzazu, soit à Lourdes, soit encore dans une chambre de clinique, ou d’hôpital, soit tout simplement chez soi, à la maison, tout en reconnaissant la dimension communautaire d’une foule en prière. « Là où plusieurs d’entre vous sont réunis en mon nom, je serai au milieu d’eux !» |
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